Préambule :
C'est l'objectif majeur de cette année, enfin, l'année est loin d'être finie alors ce sera plutôt l'objectif majeur de juin!
Je me suis bien entraîné cette année, beaucoup en qualité, mais en ayant aussi 200km de plus dans les jambes que l'année dernière. Je me suis amélioré en descente également. Un seul doute, le manque de très longues sorties (>5h).

Diététique au top...



...hydratation, sommeil, vtt en parfait état, j'ai tout fait pour que ce week-end se passe bien. C'est donc avec un sentiment de confiance que je m'élance, tout en sachant que rien n'est joué et que tout sera réellement terminé une fois la ligne passée. Je sais, on écrit toujours cela, mais à la Transvésubienne, c'est tellement vrai!

Le prologue :
Buzzz, fort de son résultat de l'année dernière, part en première vague. 50 participants toutes les 15 minutes. Tous les meilleurs sont la. Le départ est incroyable, ils partent comme des fous et courent dans la première côte. Bûcheron part dans la 2ème vague. C'est déjà beaucoup plus calme. Je suis dans la suivante alors je vais me placer. Certains essayent de gagner des places sur la ligne de départ. Cette attitude me fait bien sourire!! Savent ils ce qu'il nous attend?

Top départ, dépêchons nous de nous calmer. L'objectif est de ne pas casser le vélo et le bonhomme, de ne pas perdre de temps tout en évitant de forcer. La première partie du parcours est bien connue pour l'avoir faite il y a 1 mois. Alors je me mets dans les roues du précédant et tranquillement je le suis.


Mais le rythme est un peu élevé. Je commence à me demander si je continue à ce rythme ou si je me calme. Bon je continue, le portage n'est pas loin, ils vont se calmer. Certes ils se calment, mais pas suffisamment. Je suis dans les 175 de puls alors que je ne voulais pas monter à plus de 170. Je continue quand même. Le portage principal du prologue est terminé, voilà un peu de roulant. Le cœur se calme, je double un peu dans les portions techniques montantes ou descendantes. Je dois être situé dans les 20-25 de ma vague. Ca commence à aller mieux. Tranquillement j'en rattrape et me place bien pour la longue descente à venir. La descente est chouette au début, avec des épingles un peu serrée tout de même. Presque 1h de course, il va falloir que je trouve un moment de calme pour manger un bout. Une courte portion de piste me permet de sortir un ovomaltine et j'en mange la moitié. La descente reprend et j'essaye de forcer pour ne prendre un faux rythme. Le premier de la vague suivante arrive et je le laisse passer. J'en profite pour prendre sa roue et le suivre. Il descend vite et bien, il me remet dans le rythme. Deuxième petit bout de piste et je fini mon ovomaltine. Quelques lacets bien serrés plus tard, je rejoins une piste montante ou je rattrape Bûcheron. Il a crevé au début. On quitte la piste pour une nouvelle portion de lacets bien serrés. Juste avant la rivière, je fais un petit OTB à l'arrêt, rien de grave.

Suit un petit portage au soleil, puis la voie romaine. Beaucoup de cailloux, ça tabasse bien, mais j'ai l'habitude et espère donc bien finir. Je suis devant Bûcheron qui a un peu tiré la langue à la fin du portage. J'essaye donc de bien rouler sans trop forcer, et je rattrape vite un gars. Il roule mal mais assez vite pour le doubler facilement. Je le suis de prêt pour le doubler à la moindre occasion et vlan!! La faute à ne pas faire!! J'ai pas vu les difficultés et me suis mis au sol comme un gland. Rien de grave et je repars derrière Bûcheron qui est revenu. On doublera le gars un peu après. Finish tranquille car un peu calmé par la chute. 1h50 environ. Apparemment dans les 100 au scratch. Ca va. 170 puls de moyenne, c'est un poil haut mais ça va. On profite de l'attente des pots pour bien manger et boire, et se reposer à l'ombre des platanes. Il est sympa ce village!!

Le dimanche :
Rdv à 7h00 à la Colmiane ou rdv à 7h00 au snowpark??? Bref, nous arrivons un poil à la bourre et manquons l'appel. Pas grave, je me place à l'arrache et écoute le briefing de Georges. Mais celui ci n'a pas fini que le départ est donné et les premiers s'élancent. On fais de même sans prendre le temps d'écouter la suite du briefing, espérant qu'il n'y avait rien de particulier. Sur le coup, je me marre car l'organisation est encore une fois un peu larguée.

Et c'est parti pour une journée de fou!! Gérer jusqu'à Lantosque, puis la montée de Peïra Cava et on verra la haut s'il reste des forces pour la suite. Gérer mais sans perdre de temps. Alors dès que je sens que le gars devant est limite, je le double sans attendre. A partir des 2 Caïres, je ne fais que doubler. Je suis 5 à 10 puls de moins que l'année dernière, tout va bien. Mais je me retrouve tout seul pour la descente alors que j'espérais avoir un bon descendeur pour me tirer. J'en double beaucoup qui urinent ou répare des crevaison, ou qui descendent doucement. Je prends du plaisir à la descendre, c'est vraiment agréable. 1h55 à Lantosque, 20 minutes de moins que l'année dernière. Cool!! Ravitaillement et remplissage du sac à flotte avant d'attaquer la montée dans la forêt de Turini.

Le début est roulant et pas trop pentu. Cela permet de commencer l'ascension tranquillement. Puis vient un portage. Je doute un poil car je suis bien mais je me fais doubler. Qui a raison? Respecter les consignes et continuons sur ce rythme. Je vais me faire doubler tout le long, et je me rassure en me disant que ce sont des forts qui ont crevé. Je respecte aussi le timing pour me nourrir. La solitude me pèse un peu. C'est quand même plus sympa de discuter avec des compagnons. Arrivé au col de Suorcas. C'est magnifique, le sentier est sympa et je recolle un groupe. Mais c'est quand même long, surtout le dernier chemin montant. 2h00 depuis Lantosque, 4h depuis le départ. Mais on a fait un bon bout. Il faut positiver!! Ravitaillement, se laver le visage et partir frais pour la suite.

Je force un poil sur la route pour passer quelques participants et attaquer la descente en tête. Cette descente est top!! J'adore!!



J'arrive au col de Porte, il y a du monde qui encourage, c'est sympa. J'enchaîne sans perdre de temps. Le sentier devient plus raide et plus technique dans une végétation de type garrigue. Je passe quelques difficultés à pied. Je rattrape quelques coureurs qui ont du mal dans ces passages. Je suis bien et j'apprécie le parcours. Je suis content. C'est important car la suite est monstrueuse et être mal ici, c'est le calvaire assuré.





On arrive sous l'Engarvin et j'ai entraperçu la suite et le mont Férion. C'est loin et c'est haut!! Je retrouve mon assistante de choc pour un petit ravito rapide. Puis ça continue en portage pour monter à l'Engarvin. Encore un portage. Heureusement le sentier devient roulant après. On voit le col St Michel. C'est loin et c'est haut!! Allé, c'est ici qu'il faut avoir la motivation. Je m'accroche et essaye de mettre un peu de rythme. Je roule donc au début, puis porte un peu et vers le milieu, je peux à nouveau rouler jusqu'à la fin pratiquement. Un hélicoptère nous survole et reste un peu à mon niveau alors que je suis le seul dans cette portion. Un mal au bide apparaît alors. Peut être le maillot mouillé sur le bide. C'est léger mais suffisant pour me mettre le doute. Je m'accroche pour arriver au ravito du col St Michel. Je bois du coca et de l'eau et je motive les gars présents qui ont l'air un peu juste. Un des gars veut même bâcher. Je serais 103ème à ce moment la.

On repart assez vite avec 3 autres. La piste est roulante et pas trop pentue jusqu'au pied du Férion. Heureusement. Ca me permet de rouler assez bien sans forcer. Le mal au bide a disparu. J'emmène les 3 autres qui resteront derrière moi. Je profite alors d'un replat pour relancer et les lâcher. J'ai pas envie de les emmener pour qu'ils me pourrissent dans le portage. Ravitaillement en vol avant d'attaquer le portage et je laisse passer les 3 qui connaissent. Ainsi, ils me donnent le rythme et je n'ai pas trop à chercher le sentier. Ce portage est terrible! Très raide, avec des marches, de la poussière, du gravier, et des branches basses au début. Je galère un peu pour porter le vtt, ne sachant pas comment faire. Mais je colle les 3 gars et je vais bien. C'est alors que 2 des gars commencent à ne plus pouvoir avancer. Je les double pour suivre le 1er. Celui ci marche bien. Puis l'hélicoptère revient et fais du sur place au-dessus de nous. C'est la guerre!! Nous, en train d'en chier dans ce dernier portage de fou, avec l'hélico au-dessus, c'est irréel!! Qu'est ce qu'on fout la??
Le portage se termine et une piste nous emmène au sommet 200m plus loin. Le gars devant moi s'arrête en raison des crampes dans les mollets. Donc, j'étais 103èmme, moins 3, moins 1 qui est resté au dernier ravito, je suis donc 99ème. Super!! Dans les 100!! Cela me redonne le moral. J'attaque la descente du Férion mais c'est pas évident, que de la pierre plantée. C'est difficile d'aller vite, toujours en train de descendre et de pousser pour passer une marche. Ca n'avance pas. J'essaye de mettre du rythme mais c'est dur! Puis un gars revient de derrière et me passe. Voilà, je suis 100ème. AAAHHH!!! Je ne vais pas me laisser faire alors je donne tout et espère que le sentier va devenir plus roulant, car j'ai des jambes et crois me souvenir que le gars ne va pas vite dans le rapide. Et c'est le cas, je rattrape le gars à St Claire!! Super!! Une petite côte et c'est fini. Je pourrais essayer de le doubler sur le final.
Mais c'est sans savoir ce qui nous attend! Un mini portage en descente pour passer dans un tunnel sous la route, puis un autre mini portage très raide dans un bois, puis un mini portage dans un escalier, et le gars est loin devant. J'en peux plus, je commence à être mal, cela fait 8h que je roule, il fait chaud, je n'arrive plus à boire cette eau chaude et immonde de mon sac à flot. Je m'accroche, mètre après mètre. Je regarde si ça revient par l'arrière mais personne n'arrive. Ce moment est un vrai calvaire. Mais petit à petit, j'avance, et finalement je fini par apercevoir un gars devant et un peu après le final en contre bas. Je donne alors tout ce qu'il me reste et me donne l'objectif de doubler le gars. Heureusement ça descend et je reprends une grosse partie de mon retard. Quand j'arrive sur le prés de Levens, il a 50m d'avance. Je mets la plaque et arrive comme une balle sur le finish et le double avant la ligne. Je serais donc 99ème normalement. Le dernier sprint m'a achevé!! Je suis vraiment mal et je mettrais 20 minutes avant de m'en remettre et de pouvoir tenir debout.



Finalement je finis 98ème, j'avais oublié le classement du prologue. Pas grave, j'aurais fini à bloc de toute façon. Je suis content de moi, j'ai progressé et bien géré ma course. Le niveau était plus relevé que l'année dernière car avec une plus grande forme, je fini à la même place environ. Je sais ce qu'il me reste à faire, et ce qu'il faut que je travaille. Mais je ne sais vraiment pas si je reviendrais. Il faudra que je m'entraine bcp plus, car je ne reviendrais pas en touriste. Pour prendre un peu de plaisir sur cette course, il faut être au top.

Les quelques critiques que je me permettrais de faire :
- Super parcours, superbes descentes. Très dur mais on n'en attends pas moins d'une Transvésubienne. Le parcours 2004 est oublié. Mais la montée à Peïra Cava n'amène rien, sauf de la longueur. Je verrais bien pour l'année prochaine un parcours comme celui de 2004 jusqu'au col de Porte, puis la suite de cette année.
- Organisation un peu plus au niveau d'un tel évènement. L'aire d'arrivée est top!
- Fléchage un peu limite : je ne sais pas comment un gars peut faire sans connaître le parcours aux Granges de la Brasque. Il y a plusieurs chemins, plusieurs sentiers et pas une flèche. J'ai d'ailleurs remis sur le parcours un mec qui commençait à faire demi tour.
- Sécurité nulle! Un gars à chuté lourdement en descendant sur Lantosque mais finalement sans gravité. J'ai pas vérifié si le portable passait mais les secours auraient mis bien longtemps avant d'arriver. Il y aurait du avoir des secours à la Brasque et à d'autres endroits chauds et loin de tout.
- Organisation toujours aussi limite. Départ donné alors que tout le monde n'avait pas eu le briefing. N'y avait il pas de mégaphone comme l'année dernière? Pas de repas à l'arrivée pour tout le monde. J'ai attendu mes pots pour manger et du coup, plus rien. Le cuistot s'est même cassé sans prévenir!